Point final

Peu m’importe ! J’m’en fouts ! Je m’en tape ! Je m’en bats le bulbe ! Advienne que pourra !

J’arrête là. Ça y est, je le mets mon point final. Je n’y reviens plus. Ça donnera ce que ça donnera. Évidemment, le jury risque de ne pas aimer. Toutes ces vielles barbes. Enfin, vieilles barbes, ce n’est pas exactement le terme. Vielles biques plutôt. Que des femmes ! J’imagine d’ici le tableau. Elles vont ouvrir mon enveloppe avec les quatre exemplaires. Elles vont examiner ma copie.

Remarquez, ça va être rapide. C’est pas ça qui va leur prendre longtemps. Ça plaira ou ça plaira pas. Pas sûr qu’elles aiment l’avant-garde. Je dirais même le révolutionnaire. Tant pis, j’ose. Même si c’est encore Laurence qui rafle le premier prix. Cette année, c’est les œuvres complètes de Jean-Sol Partre dans la collection des Gémeaux. Personnellement, Jean-Sol, ce n’est pas ma « cup of tea ». Mais ça me ferait plaisir de coiffer Laurence sur le poteau. Pour une fois !

Elles ne se sont pas foulées pour le thème du concours de nouvelles de cette année. C’est « FIN ». Alors, je l’ai fait. On ne voit que lui sur ma feuille : en corps 288, il est tout seul, noir sur la page blanche, cet énorme point final.