Le merveilleux Noël de Babette

Babette n’a jamais aimé son surnom, elle trouve qu’il fait trop petite fille. Et maintenant que c’est une grande…

Ce bruit dans le conduit de la cheminée… Ça ne peut être que lui. Minuit ! Quelle exactitude… Babette ne comprend toujours pas comment il peut être partout en même temps, à descendre dans toutes les maisons de tous les enfants sages.

La pièce n’est éclairée que par quelques bougies. Sans compter les lumignons multicolores des guirlandes du sapin, lumières qui se reflètent dans ses yeux naïfs, agrandis par l’attente de ce moment magique. Des yeux qui se ferment le plus rarement possible, qui ne clignent presque pas tellement Babette a peur de manquer l’arrivée du Bonhomme Noël.

Dans la crèche, l’Enfant dort. Indifférent à son attente anxieuse. Il doit rêver aux Rois Mages. Mais ceux-ci n’arriveront, avec leurs chameaux chargés de jouets, qu’au mois de janvier.

Encore un craquement. Comment fait-il pour descendre par l’étroit tuyau ? Sans compter la hotte avec tous les joujoux.

Submergée par l’excitation de cette nuit merveilleuse, Babette réalise qu’elle tremble. Mais ce n’est pas seulement à cause du froid qui pénètre pourtant sous les dentelles de sa chemise. Elle se passe une main sur sa jambe nue pour vérifier. C’est bien la chair de poules. Ce contact la fait trembler encore plus.

Un autre bruit étouffé. La maison silencieuse dort à volets fermés. L’attente devient insupportable. Babette voudrait bouger. Crier ! L’aider en le tirant par une botte. Mais non, il faut patienter. Car le Père Noël pourrait repartir s’il est dérangé dans son travail. C’est en tous cas ce que disent les grandes personnes.
Elle veut sa surprise. La surprise qu’elle lui réserve. A lui, l’homme en rouge... Soudain un bruit de chute. Enfin !!! Un barbu en manteau couleur de suie s’extrait de la cheminée. Il s’époussète. Sans lui laisser le temps de se rendre plus présentable, Babette s’élance sur lui, jetant sa nuisette par-dessus le sapin.

Le lendemain matin, avant le réveil de la maisonnée, Bertrand cherchant son cadeau de Noël trouva Babette, en tenue d’Eve, dormant béatement devant la cheminée. Elle avait l’air d’une enfant alanguie, digérant un succulent gâteau ; sa femme.